L’intelligence émotionnelle, une nouvelle compétence professionnelle très prisée

L’intelligence émotionnelle est désormais un thème central des formations managériales. Chacun comprend aujourd’hui qu’être manager, c’est trouver le bon équilibre entre techniques et émotion.

 

Pourtant, une question revient fréquemment dans les stages que j’anime: les émotions fondamentales que sont la joie, la tristesse, la peur, la colère, la surprise et le dégoût sont-elles partout et toujours exprimées de la même façon par ceux qui les ressentent ? J’avoue avoir souvent répondu par l’affirmative tant l’hypothèse de l’universalité des sentiments et de leur expression me semblait évidente.

 

Dans un article récent, la Scientific American Review rapporte les travaux d’un groupe de chercheurs sur ce thème. Le point de départ, c’est la photo d’un visage. Cette photo a été montrée 2 fois à un échantillon de personnes : la première fois, il n’y avait qu’un visage sur la photo, la seconde fois, un objet figurait à côté du visage (guitare, lunettes de soleil, livre…). De façon surprenante, si la grande majorité des participants disait identifier une émotion sur la première photo, plus de 60% d’entre eux ne parvenait plus à attribuer une émotion au visage de la photo sur laquelle figurait aussi un objet. 

 

Graphique intelligence emotionnelle

 

En clair, si la présence d’un objet suffit pour brouiller le code, c’est que l’expression du visage n’est pas prépondérante dans l’identification de l’émotion par celui qui regarde la photo. Ainsi, la théorie de Paul Ekman qui affirme que tous les êtres humains, où qu’ils vivent, ressentent 6 émotions fondamentales et qu’ils les expriment de la même façon, est remise en cause : est-ce que nous interprétons les émotions en décodant les traits du visage ou est-ce que des éléments externes sont prépondérants dans notre interprétation ?

 

L’article cite une autre étude qui remet en cause le concept de l’universalité des émotions : des chercheurs se sont aperçus que chez une tribu isolée du Pacifique, les expressions du visage qui expriment communément la peur sont au contraire perçues comme… l’expression d’une menace.  La culture n’est pas le seul facteur qui entraîne des différences de perception : des études ont montré que plus les enfants sont jeunes, moins ils ont de facilité à décoder les expressions du visage… et d’ailleurs, parfois, ils décodent d’une façon tout à fait surprenante : je me souviens ainsi d’une vidéo sur YouTube dans laquelle un père s’amusait à faire rire son bébé en poussant des grognements et en mettant un masque en forme de tête de mort et à le faire pleurer en lui faisant un grand sourire…

 

Décoder les émotions, serait donc ni plus ni moins qu’un apprentissage… et c’est là que nous retrouvons l’intelligence émotionnelle. Pour le petit enfant, il n’y a d’abord que 2 sortes d’émotions : les bonnes et les mauvaises. Puis, l’enfant apprend les stéréotypes faciaux de sa culture pour maîtriser à l’adolescence les 6 émotions fondamentales. Ensuite, il n’appartient qu’à nous de développer notre intelligence émotionnelle en déclinant chacune de ces 6 émotions fondamentales en autant de nuances qu’il existe de visages. 

 

D’ailleurs, l’intelligence artificielle s’aventure aussi sur le terrain de l’intelligence émotionnelle : si au départ, il s’agissait seulement de créer une intelligence rationnelle, aujourd’hui on voit apparaître des technologies qui sont sensibles à l’environnement des personnes : désormais, nos intelligences artificielles sont capables de décoder les expressions du visage mais aussi le livre, les lunettes de soleil ou la guitare qui sont à côté.

 

Chez B-Flower, nous accompagnons depuis 20 ans nos clients dans leur formation ainsi que dans leurs projets de transformations. C’est pourquoi nous avons intégré dans nos parcours de formation des modules sur l’intelligence émotionnelle.

Pour aller plus loin sur le sujet, contactez-nous.

 

Source :

https://blogs.scientificamerican.com/observations/how-do-you-know-which-emotion-a-facial-expression-represents/

 

Julien Fourès – Consultant

Julien Fourès, Consultant en management et vente, a effectué une grande partie de son parcours à l’étranger au sein de projets industriels. Il travaille sur les problématiques de développement du contenu local dans les coopérations internationales et suit pour b-flower les articles de presse ou de blogueurs anglo-saxons.

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