Mon entreprise est-elle agile ou stable ? Une nouvelle version du « et en même temps » …

Dans un article paru en 2018, le quotidien « Le Figaro » constate que le Président Macron a fréquemment recours à des mots du jargon « corporate ». L’article rappelle que la fréquente référence à l’agilité en politique comme en entreprise est une dérive langagière synonyme de réactivité et d’adaptabilité qui trouve son origine dans les méthodes de développement informatique nées aux Etats-Unis à la fin du XXe siècle.

 

Dans la plupart des cas en effet, les mots de l’agilité en entreprise comme en politique sont destinés à mettre en évidence l’opposition entre « le monde d’avant », celui de la hiérarchie et des silos, et « le monde ouvert » des entreprises horizontales et auto-apprenantes. Cette opposition conduit généralement à associer l’agilité aux start ups, réputées capables de décider rapidement mais souvent fragiles, alors que les grandes entreprises seraient toujours hiérarchiques, incapables de prendre des décisions rapidement, mais solides. D’un côté la vitesse et de l’autre la stabilité. Pourtant, pour reprendre le vocabulaire « macronien », l’agilité, c’est la vitesse, « et en même temps » la stabilité.

 

C’est ce que démontre efficacement un article publié sur le site d’un grand cabinet américain, à travers l’exemple du smartphone. Nos smartphones sont en effet équipés d’un système d’exploitation qui permet d’installer et de désinstaller autant d’applications que nous le souhaitons. Le système d’exploitation, c’est la stabilité, les applications, c’est l’agilité.

 

Appliquée à l’entreprise, cette analogie permet de mettre sous le système d’exploitation la gouvernance de l’entreprise, sa structure et ses processus : qui prend les décisions et attribue les moyens, qui contrôle les résultats et sur quels critères, comment on forme, comment on accompagne. Ce pilier là assure la résilience, la solidité et l’efficacité.

 

Quelles sont les applications que l’on trouve communément sur nos smartphones professionnels ?

1/ L’accès aux documents partagés, par exemple avec Google Drive ou Microsoft Teams, c’est ce qui fait et refait les équipes en fonction des projets.

2/ L’agenda bien entendu, c’est ce qui donne à chacun les jalons de ses projets.

3/ La messagerie instantanée, comme Whats’App, Slack ou Viber, c’est ce qui permet de donner un feedback constructif à un collègue à distance après une réunion ou de briefer les participants avant une réunion importante.

4/ Avec l’application de paiement des notes de frais, comme Cleemy, la comptabilité délègue à chaque collaborateur une action qui prend du temps et consomme du papier.

5/ Et bien sûr, une application comme Yuka ou les applications de santé, c’est ce qui permet de prendre en compte la dimension QVT et bien-être au travail…

Ce pilier c’est la rapidité, la réactivité, et la capacité d’adaptation, centrée sur le collaborateur ou plus exactement sur sa poche. La seule limite, c’est  la version du système d’exploitation et l’espace de stockage disponible qui conditionnent le nombre et la performance des applications…

 

L’utilité de cette analogie n’est pas seulement de clarifier un concept déjà ancien et rendu flou à force d’être mis à toutes les sauces. Nous pouvons aussi envisager de l’utiliser dans une formation pour amener les participants à réfléchir à la façon dont ils peuvent contribuer à faire évoluer leur entreprise vers plus d’agilité sans se dédouaner, parce que « chez nous, nous ne sommes pas dans une start up ».  C’est en tout cas l’une des façons dont nous pouvons apporter notre pierre à la transformation des entreprises qui font appel à nous.

 

 

Sources :

http://www.lefigaro.fr/decideurs/management/2018/08/07/33007-20180807ARTFIG00081-que-veut-dire-l-agilite-en-entreprise-ce-mot-fetiche-de-macron.php

https://www.mckinsey.com/business-functions/organization/our-insights/agility-it-rhymes-with-stability

 

Julien Fourès – Consultant

Julien Fourès, Consultant en management et vente, a effectué une grande partie de son parcours à l’étranger au sein de projets industriels. Il travaille sur les problématiques de développement du contenu local dans les coopérations internationales et suit pour b-flower les articles de presse ou de blogueurs anglo-saxons.

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